Isaac

« Le Seigneur devant qui je marche. » Genèse 24,39

La naissance d'Ésaü et de Jacob

Genèse 25, 21-28

Isaac implora le Seigneur en faveur de sa femme car elle était stérile. Et le Seigneur l’exauça : sa femme Rébecca devint enceinte.
Comme ses fils se heurtaient dans son sein, elle dit : « Pourquoi faut-il que cela se passe ainsi pour moi ? » et elle alla consulter le Seigneur.
Le Seigneur lui dit : « Deux nations sont dans ton ventre. Deux peuples différents sortiront de tes entrailles : l’un sera plus fort que l’autre, et l’aîné servira le cadet. »
Quand arriva le jour où elle devait enfanter, voici qu’il y avait des jumeaux dans son ventre ! Le premier qui sortit était roux, tout couvert de poils comme d’une fourrure. On lui donna le nom d’Ésaü.
Après quoi sortit son frère, la main agrippée au talon d’Ésaü. On lui donna le nom de Jacob (c’est-à-dire : Il talonne). À leur naissance, Isaac avait soixante ans.
Les garçons grandirent. Ésaü devint un chasseur habile, un homme des champs ; Jacob était un homme délicat demeurant sous les tentes.
Isaac préférait Ésaü, car il appréciait le gibier, mais Rébecca préférait Jacob.

Méditation

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Blessure d’amour

À la génération suivant Sara *, c’est au tour de Rébecca d’être privée des joies de la maternité. La stérilité est fréquente dans la Bible… Comme un miroir de la condition humaine : heureusement que Dieu vient rendre féconds nos désirs et nos attentes !
Ici, Dieu surpasse l’attente : car en répondant à l’appel d’Isaac, le Seigneur fait à son épouse Rébecca cadeau de deux enfants, deux fils que tout oppose. Dès le sein de leur mère, ils se disputent. À la naissance, ils sont physiquement dissemblables et le cadet est littéralement « sur les talons » de son aîné ; dans la vie, leurs caractères seront différents : l’un sera un homme du grand air, tandis que l’autre sera plus « intello ».
L’histoire est-elle cependant écrite dès avant leur naissance ? Ces deux frères, sont-ils « programmés » pour suivre le sentier de la guerre ? Ou sauront-ils prendre des chemins de traverse pour construire la paix ? La jalousie est un poison dans les fratries, l’histoire de Caïn et Abel en a déjà donné l’exemple **.
Jacob et Ésaü sont-ils condamnés à rejouer cette scène de meurtre ? Dans leur cas, tout semble reposer sur une blessure d’amour, lorsque chacun des parents affiche ses préférences et se choisit un « chouchou », favorisant l’accomplissement de la prophétie de guerre fratricide. Il n’y a pas de parents parfaits, malgré tout l’amour qu’ils portent à leurs enfants, malgré le don de la vie qu’ils leur ont fait. Dieu pourra-t-il combler ce manque d’amour et refaire à Jacob et Ésaü le don de la paix ?

* Livre de la Genèse, chapitre 18, versets 9-15
** Livre de la Genèse, chapitre 3
Méditation enregistrée dans les studios d'Alsace Média


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25 commentaires

je suis trés touchée des sourires que je rencontre sur le chemin de mon Eglise nature
Nous nous reconnaissons dans cet instantané ,freres humain, c'est beau sans distinction d'age d'aspect , mais un vrai sourire avec la saveur du bon jour
c'est esperant

Par jnc 28 juin 2017 à 18 h 43 Répondre à ce commentaire

On voudrait que tout soit parfait de nos jours, on s'adresse à Dieu pensant qu'il peut tout arranger et régler,et long constaté que le pêché existait déjà et que le créateur laissait faire et n'empêchait rien; faut il donc que chacun d'entre nous fasse des expériences mémé mauvaise pour se racheter; on attend toujours le mieux , le meilleur.

Par Penelope 28 juin 2017 à 18 h 05 Répondre à ce commentaire

Amen. (Alléluia.)

HYMNE : PUISSANCE DE TA MISÉRICORDE
CFC — CFC

Puissance de ta miséricorde,
Ô Jésus, Fils de Dieu :
À ce disciple qui t'avait renié
Tu confies la porte des cieux,
Et le persécuteur de ton Église,
Le voici qui la sème en tout lieu !

Victoire qu'a préparée ta grâce
Et que scelle ta croix :
De Simon Pierre, vacillant sur les eaux,
Tu as fait le roc de la foi,
Le chef et le berger de tous ses frères,
Le veilleur qui les garde en tes voies.

Toi seul pouvais discerner l'Apôtre
Dans l'ardent pharisien,
Et Paul n'aspire qu'à tout perdre pour toi
Car ton Souffle anime le sien.
Il explore, et découvre à tous les peuples
L'infini du Royaume qui vient.

Heureux ce jour où les deux Apôtres
T'ont suivi dans la mort :
Tu les accueilles dans l'offrande pascale
De ton sang versé pour ton Corps.
Ils partagent ta joie et ta lumière,
Leur louange a trouvé son essor.

Par Hymne 28 juin 2017 à 18 h 01 Répondre à ce commentaire

Dieu nous fait tous différents. Il y a des Mozart, des Einstein, mais aussi des handicapés et des personnes seulement peu douées pour quoi que ce soit.
C'est pourquoi il a envoyé son Fils Jésus pour nous enseigner l'amour de tout un chacun.
Hélas, cela ne semble pas suffisant.
Il veut avoir besoin de nous pour diffuser cet Amour et la Paix qui s'en suit.

Par DELORME Marie 28 juin 2017 à 16 h 28 Répondre à ce commentaire

Toi,le different,Dieu tout autre
nous te demandons pardon pour nos différences,

Quand au - delà de nos différend
elles sont intolérantes haineuses et guerrières
exclusives,blessante et meurtrières
Dans la grisaille de nos ghettos
elles se dressent comme des murailles.

Toi le différent, Dieu tout autre,
nous te prions pour nos différences,
Donne -nous la force de résister,
a ceux qui les nivellent,
inspire-nous des mots et des gestes,
pour ceux qu'elles effraient,
Ouvre nos coeurs,
et nos intelligences à leurs beautés,
Fais-nous la grâce d'y découvrir notre UNIITÉ........Amen

Par brig 28 juin 2017 à 15 h 31 Répondre à ce commentaire

Seigneur viens encore aujourd’hui comblé les cœurs de chaque pères et mères de famille de ton Amour afin qu ils puissent donner à chaque enfants l Amour de Dieu

Par arrossaména 28 juin 2017 à 13 h 33 Répondre à ce commentaire

Donne-nous, Seigneur, le don d'aimer de la même façon nos enfants afin d'être artisans de paix, d'union et de joie dans nos familles. En UDP avec toutes et tous.

Par Jean-Louis 28 juin 2017 à 12 h 40 Répondre à ce commentaire

gloire a Dieu aux plus hauts des cieux
tu es gd Seigneur
tu fais de miracles
merci Seigneur

Par guillermet claire lina -maya26 28 juin 2017 à 12 h 09 Répondre à ce commentaire

La jalousie est alimentée par ma peur de ne plus posséder,
et que l’autre me prenne ce qui me semble vital pour moi.
Mes biens, mes amitiés, mon amour… Il en va de ma survie.

Alors je développe des théories et des stratégies pour éviter le pire.
Ensuite, je ruse ou je me bats.
Je pourrais même avoir des pensées meurtrières.

Ces comportements sont déjà inscrits dans les rapports entre les animaux.
Ils sont inscrits dans le mécanisme de la survie du monde.
Les hommes ne les ont pas abandonnés pour autant,
enchaînés que nous sommes dans des compétitions effrénées.

Seigneur Jésus,
Tu n’es pas venu nous annoncer comment survivre,
mais comment vivre, vraiment.

Tu nous as dit que l’Amour du Père est infini.
Et qu’étonnamment, nous en aurons tous une part semblable,
même les derniers arrivés.

Pour en vivre entre nous déjà maintenant,
Tu nous as invités
à nous aimer,
à partager ce que nous croyons posséder,
et nous pardonner nos blessures.

Tu nous as témoigné de cette Vie Nouvelle
jusqu’à donner Ton corps au monde.
Tu l’as abandonné aux stratégies
de ceux qui craignaient de Te voir prendre leur pouvoir.

Ce n’est plus une question géopolitique.
Ton invitation est une invitation personnelle,
à chacun de nous,
à chacune de nos rencontres,
de proche en proche,
pour bâtir un Royaume dans ce monde, déjà.
Un Royaume libéré de nos peurs et de nos violences.

Bonne journée à tous, vraiment.

Par Paul (Belgique) 28 juin 2017 à 12 h 00 Répondre à ce commentaire

Magnifique, cher Paul, très juste, merci pour votre commentaire qui nous parle.

Oui, le Seigneur invite chacun de nous à lui répondre personnellement, pour "bâtir un Royaume libéré de nos peurs et de nos violences"

Comme le dit St Paul VIVONS pleinement en CHRIST, il nous donne la force de son ESPRIT d'AMOUR!
N'ayons pas peur!

Bonne journée et prières très fraternelles.

Par MARIE 28 juin 2017 à 14 h 08

Merci Paul ;
le royaume de Dieu est ainsi bien en nous , et parmi nous .Il ne se voit pas de façon visible , et pourtant !
C'est sans doute pour cela que Jésus , nous invite à prier les uns pour les autres .La chair est faible , même
si l'Esprit est bien disposé ...Marche avec nous Seigneur .

Par fred 28 juin 2017 à 15 h 38

la différence c'esr "les autres",,,,,,,,,,Dieu est avec nous tous

Par GARCIA Marie Cosuelo 28 juin 2017 à 10 h 00 Répondre à ce commentaire

Seigneur, Tu pourvois au delà de nos attentes, mais parfois, comme Rébécca, nous disons:

"Seigneur, pourquoi faut-il que celà se passe ainsi pour moi?"

Seigneur garde-nous dans la CONFIANCE, Ton AMOUR est infini, merci!

En prières avec chacun de vous

Par MARIE 28 juin 2017 à 9 h 59 Répondre à ce commentaire

Pourquoi dire que le nom de Jacob signifie "celui qui talonne" alors que par ailleurs il est dit que son nom veut dire "celui qui dupe" ? genèse 27 .38
Merci

Par VINCENT 28 juin 2017 à 9 h 08 Répondre à ce commentaire

Merci frère Marie -Augustin,
Le don de la paix !
Accepter nos différences , car tous nous sommes précieux , Jésus Charpentier , pleins de noblesse
nous montre comment unifier nos familles , nos clochers , nos relations avec le monde .
J'aime la délicatesse , les intellos , j'aime les artisans qui de leurs mains , nous font un toit pour
y mettre un Nom .La Paix du Christ qui surpasse tout , la connaître au milieu de nos différences
c'est accepter le petit comme le grand , c'est dire que tous nous sommes béni par Dieu .
Nos rencontres avec les deux frères , nous fait comprendre , qu' une partie de l'un et de l'autre
sont en nous , user de nos talents ? Dieu usera nos coeurs dans UN seul.Saint François et bien
d'autres passeront dans l'histoire ,fabricant une crèche ,pour expliquer au peuple le don de Dieu .
Les apôtres aussi s'amusaient pour savoir qui était le plus grand ! Les clochers n'ont qu'un appel , celui
du Christ , pourtant bien souvent j'entends que tel clocher est plus grand que l'autre! Lutter avec Dieu
pour Dieu . Jésus par La Pâques restera vainqueur de nos fragilités , quels que soient nos fruits , le oui,
accueillir le don de Dieu , aimer et se savoir aimer , tel que je suis au milieu de mes frères et soeurs .
Ces meurtrissures nous sont données pour rendre gloire à Dieu .

Par fred 28 juin 2017 à 8 h 52 Répondre à ce commentaire

"L'un sera plus fort que l'autre et l'aîné servira le cadet" donne le ton d'une relation fraternelle!
le plus fort au service du plus faible! N'est-ce pas encore ce qui est vital pour aujourd'hui ?
Servir le plus démuni, le plus déprimé, le plus handicapé? et nous lisons cela dans la Genèse!
C'est dire si ces textes sont toujours d'actualité! les données ne changent pas! il y a encore des personnes chanceuses, bien pourvues de force physique, qui non seulement doivent en rendre grâce à la Vie, mais encore davantage! mettre cette santé physique, mentale, au service des plus faibles, c'est-à-dire que les forts soient en bonne santé spirituelle! Retenir cette notion de service , ce que le Christ a fait toute sa vie, est aidant pour nos vies d'aujourd'hui!

Par Emma 28 juin 2017 à 8 h 09 Répondre à ce commentaire

Le manque.
Tout est donné dans ce mot .
Si je n'avais aucun espace devant moi , comment pourrais-je marcher ?
L'Amour dont Tu nous combles Seigneur, ne se présente -t'il pas dans un coeur assoiffé qui cherche sans cesse une plénitude mystérieusement inaccessible ?
Mais nos cœurs portent l'empreinte de ta Présence:
"Pose moi comme un sceau sur ton bras
Comme un sceau sur ton coeur
Car l'Amour est fort comme la mort.."
La force que nous avons réside bien dans la faiblesse de notre condition . L'Amour me libère de ma stérile toute puissance, et m'ouvre vers l'Autre , celui qui dans l'altérité me rend créateur...
avec la Vie qui respire en moi ???

Par Nicole.B 28 juin 2017 à 7 h 45 Répondre à ce commentaire

Pas de "parce que" dans la réponse de Dieu à Rébecca. Pas de "parce que" à son "pourquoi?", mais un constat. Ils seront ainsi : différents. Pas de jugement non plus. "[L]'un sera plus fort que l'autre," la réalité, simplement, et pourtant loin d'être simple: qu'est-ce qu'être fort, finalement? Le plus fort est-il Esaü, le grand chasseur, ou bien Jacob auquel un jour il sera dit, dans sa lutte au bout de la nuit : "tu as été fort contre Dieu et contre les hommes et tu l'as emporté" (Gn 12, 29)? De même la distinction entre l'aîné et le cadet est-elle si évidente? Un plat de lentilles en diffère. Et qu'est-ce que servir? Ne pourrait-on pas dire qu'en sa colère qui force Jacob à fuir, Esaü, sans le vouloir, a servi son frère, lui faisant prendre le chemin où il apprendra chaque jour à marcher avec Dieu?
La Parole de Dieu ne nous invite-t-elle pas - ici comme toujours - à aller au-delà des apparences? A laisser Dieu m'expliquer, dans ma chair, concrètement, pas à pas, ces mots dont je croyais connaître le sens. A ne pas attendre de "parce que" à mes "pourquoi?". Dieu habite la réalité, quelle qu'elle soit. Il l'habite avec moi. S'y offre pour que je l'y reçoie. "Je suis avec toi," dira Dieu à Jacob en songe (Gn 28, 15). A chacun de nous. Tendresse inouïe. Merveille d'amour.

Merci fr. Augustin! Belle journée à tous! Prières pour tous et avec tous.

Par Audrey 28 juin 2017 à 7 h 07 Répondre à ce commentaire

Oui, comme le temps des hommes n'est pas le temps de Dieu, nos désirs contrariés sont bien les nôtres et non ceux de Dieu. On le comprend à mon âge, hélas, après beaucoup de souffrance. Mais je crois avoir compris. Amen. Odile

Par Odile Cristin 28 juin 2017 à 7 h 05 Répondre à ce commentaire

Dieu rends féconds nos attentes, car il nous aime, d'un même amour universel. Cependant, nos espoirs déçus, sont souvent ceux que nous voulions sans référence à Dieu.

Cela est bien dit par Antoinette: Les Lois Humaines ne sont pas celles de Dieu.

Prière pour cette journée, qu'elle soit fruit de nos pensées.

Par Florine 28 juin 2017 à 6 h 48 Répondre à ce commentaire

Gènes 25,21-28
cet exemple facheux est un avertissement pour tous les parents, toujours en danger de préfères un de leurs enfants au détriment des autres,nous devons veiller a maintenir constamment leur union,cela doit être très difficile pour les parents, de voir son enfant un qui a tout pour lui que tout lui réussi, et l'autre qui galère a tout points de vue, cela crée bien souvent de la jalousie, et des conflits entre époux, et pourtant il on u la même éducation, on ce demande pourquoi l'un et pas l'autre,!!
Seigneur aide nous dans cette démarche de l'éducation de nos enfants, donné autant d'amour, attention, de les aimer tel que tu nous les a confié, comme toi tu nous aime...petite serviteurs de la miséricorde

Par brig 9 juin 2016 à 15 h 07 Répondre à ce commentaire

c'est vrai que nous ne nous regardons pas assez! quand je croise des gens dans la rue, je vois des yeux baissés, je sens des gens "ailleurs", préoccupés par leurs problèmes. Et je suis comme eux. Mais comment pourrait-on aimer quelqu'un qu'on ne regarde pas? regarder, c'es le premier pas pour aimer.
Nicole

Par Nicole Durup 9 juin 2016 à 9 h 31 Répondre à ce commentaire

Je crois que la symbolique de ce récit est la reprise du thème de la Genèse :la domination de l'homme sur la nature, grâce à l'intelligence. Mais nature et homme sont issus de la même mère, donc liés étroitement. Plus tard, Jacob usurpera le droit d'ainesse d'Esau, parce qu'il le fallait. Il devra fuir, mais une fois enrichi à l'étranger, il lui rendra beaucoup pour se faire pardonner et renouer le lien. Les lois humaines ne sont pas celles de Dieu '"mes chemins ne sont pas vos chemins". La Bible est tout sauf conformiste.

Par Antoinette 9 juin 2016 à 8 h 00 Répondre à ce commentaire

Isaac demande à Dieu sa faveur, et il est doublement exaucé. Rébecca consulte le Seigneur sur ses fils à venir et Dieu lui répond qu'elle est enceinte de nations entières. La rencontre vraie entre Isaac et Rébecca porte du fruit, bien plus que ce que l'un et l'autre auraient osé demander.
Mais pas si simple d'être fécond: les frères se heurtent avant même d'être nés. Contraste de ces frères si différents et que tout semble opposer - l'apparence, le caractère, les goûts - mais pourtant à jamais liés, comme ils l'étaient à l'instant de leur naissance. Le texte insiste sur les apparences. Esaü arpente la campagne et mesure sa force à celle de la nature, mais dans le calme des tentes, Jacob, lui aussi, apprend.

"L'un sera plus fort que l'autre," dit le Seigneur à Rébecca, mais de quelle force parle-t-on? Cette force des peuples que Jacob et Esaü viendront à représenter, chacun lui donne chair. Est-on fort parce son corps est fort, parce qu'on se sert de cette force pour dominer, ou bien est-on fort autrement? Le plus fort des deux n'est pas celui que l'on croit. En Dieu, avec Dieu, la vraie force se joue des apparences, des standards, des préjugés. En Abraham et Sara, la vieillesse n'était pas un rempart à la naissance, à la venue de la vie, à sa croissance à l'infini. Avec Esaü et Jacob, ce sont les apparences qui se révèlent n'en être pas rempart non plus.

Peut-être voit-on quelque chose de cela aussi dans la réaction de Rébecca. Lorsqu'elle va consulter le Seigneur, elle est plutôt déçue par sa grossesse, cela ne se passe pas comme elle l'imaginait. Mais sa prière exaucée bien au delà de la demande s'accomplit non selon des schémas trop humains, étriqués, mais selon la logique de Dieu. De quoi remettre en perspectives toutes nos prières. Si je demande à porter du fruit, suis-je prête à être exaucée? Prête à laisser Dieu multiplier ma vie, à voir plus grand que ce que mon cœur en est encore capable?

Me revient en mémoire une belle méditation de Fr. Adrien dans Signe dans la Bible ("Pêche miraculeuse", St Jean 21, 1-11). En réponse à nos demandes, écrit-il, Dieu: "s’obstine à nous donner bien plus que cela : à se donner lui-même. À nous donner son Esprit qui vient habiter en nous et faire de nous ses fils et ses filles, qui nous fait entrer dans la vie même de Dieu. Au fond, il n’a rien d’autre à nous donner que lui-même, parce qu’il veut nous donner le meilleur. Et ce don dépasse infiniment tout ce que nous demandons, tout ce que nous imagions, avec un excès à côté duquel cent cinquante-trois gros poissons pour huit convives paraissent finalement un arrangement assez raisonnable."
Avec Isaac et Rébecca, avec Esaü et Jacob, comme depuis le commencement, Dieu fait-il autre chose que de donner la vie à profusion, de la multiplier au delà de toute attente? Et le choix n'est-il pas alors pour chacun de l'accueillir, de s'y ouvrir, ou pas.

Par Audrey 9 juin 2016 à 6 h 49 Répondre à ce commentaire

Magnifique! Merci Audrey!!!

Par Anne-France 9 juin 2016 à 8 h 06
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