Jacob

« Si Dieu me garde sur le chemin où je marche. » Genèse 28,20

Les deux mariages de Jacob

Genèse 29, 16-30

Laban avait deux filles : l’aînée s’appelait Léa et la cadette, Rachel. Les yeux de Léa étaient délicats, tandis que Rachel avait belle allure et beau visage.
Et Jacob se mit à aimer Rachel. Il dit : « Je te servirai sept ans pour Rachel, ta fille cadette. »
Laban répondit : « Je préfère te la donner à toi plutôt qu’à un autre ; reste donc chez moi. »
Jacob travailla sept ans pour Rachel – sept ans qui lui semblèrent quelques jours, tellement il l’aimait. Jacob dit alors à Laban : « Donne-moi ma femme car les jours que je te devais sont accomplis et je veux m’unir à elle. »
Laban rassembla tous les gens de l’endroit et fit un festin.
Le soir venu, il prit sa fille Léa, l’amena à Jacob et Jacob s’unit à elle. Laban mit au service de sa fille Léa une de ses servantes, nommée Zilpa.
Au matin, voilà que c’était Léa et non Rachel ! Et Jacob dit à Laban : « Que m’as-tu fait là ? N’est-ce pas pour Rachel que je t’ai servi ? Pourquoi m’as-tu trompé ? »
Laban répondit : « Cela ne se fait pas chez nous de marier la cadette avant l’aînée ! Achève la semaine de noces de celle-ci et nous te donnerons aussi celle-là pour le service que tu feras encore chez nous pendant sept autres années. »
Jacob agit ainsi : la semaine achevée, Laban lui donna sa fille Rachel pour qu’elle devienne sa femme.
Laban mit au service de sa fille Rachel une de ses servantes nommée Bilha. Jacob s’unit aussi à Rachel et il aimait Rachel plus que Léa.

Méditation

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Trahi par plus trompeur que lui.

Deux femmes. Toutes deux touchantes, attirantes. Jacob s’éprend de Rachel. Est-ce parce qu’elle est belle ? Nul ne le sait. Car nul ne sait pourquoi il aime. Juste sait-il qu’il aime. Aussi l’amour n’a-t-il pas de pourquoi. Parfois cherchons-nous a posteriori des motifs qui nous convainquent de la justesse et de la force de notre amour : concordance des cœurs, beauté… mais tout cela est toujours de surcroît.
Jacob propose alors lui-même les termes d’une dot inversée : il va travailler 7 ans pour son futur beau-père. Et Laban sait que Jacob est un excellent travailleur puisqu’il est déjà avec lui depuis un mois.
Marché conclut donc. Une femme pour sept ans de labeur. Voilà que Laban, qui connaît bien ses intérêts, le trompe lui, Jacob, qui a trompé son père Isaac pour se faire bénir, en lieu et place de son frère Esaü. À son réveil, c’est la gueule de bois : Rachel a été remplacée par Lea.
Jacob prononce alors les mêmes mots que Pharaon à Abraham * ou encore qu’Abimélek à Isaac ** : « Que m'as-tu fait ? »
Le trompeur a été trompé par plus fourbe que lui. Mais opiniâtre dans son amour pour Rachel, Jacob réitère son offre : encore 7 ans de travail, gratuit, pour son beau-père ! Ainsi peut-il enfin s’unir à sa bien-aimée. Laban a tiré le maximum de bénéfices de cette opération.
De longues années de labeur, sans payer, et il a marié ces deux filles. Tout cela nous paraît bien étrange aux modernes que nous sommes. Ne faut-il pas y entendre ce mixte, toujours d’actualité pour chacun, entre la force des sentiments et l’ambivalence humaine. Oui Jacob n’est pas pur comme neige. C’est le moins que l’on puisse dire. Et pourtant, par lui Dieu continuera son alliance, jusqu’à devenir Israël, le peuple choisi. Non pas qu’il serait meilleur que d’autres. Juste parce qu’il est aimé, gratuitement.

* Gn 12, 18
** Gn 26, 10
Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris


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46 commentaires

Seigneur tu as un plan pour chacun de nous nos pensées ne sont pas tes pensées, malgré tous ces injustices, tromperies, infidélités tu reste fidèle ta préoccupation c'est l'alliance !!! Merci pour la patience et l'espoir que tu as en l'homme !!!

Par honoré marie-noëlle 9 septembre 2017 à 6 h 29 Répondre à ce commentaire

Le texte de la Genèse donne le nom des deux épouses et de leurs deux servantes sont seront issus les 12 fils de Jacob, appelés à fonder les 12 tribus d'Israël. Mais, comme Abraham et ses deux fils, issus de l'esclave puis de la femme libre, Jacob est choisi pour réaliser le dessein de Dieu, dont les voies ne sont pas les nôtres.

Par Biscay 7 juillet 2017 à 3 h 03 Répondre à ce commentaire

Ce thème du choix interpelle à juste titre. Je relève entre autres les questionnements de Marie Jeanne, Micheline, becker, Antoinette G et Gigi à propos des choix imputés à Dieu et de ceux que nous sommes appelés à poser nous-mêmes.
Quand on parle de “peuple élu”, ne s’agit-il pas, comme pour nos élus politiques, d’être des “représentants”, assurant la gestion du Royaume voulu par Dieu, qui a appelé successivement Noé, Abraham et tous les autres pour convier leurs contemporains à louer le Seigneur pour son alliance – autrement que par des sacrifices et par le massacre des opposants, mais cette compréhension-là n’est intervenue qu’avec le Christ.
Aucun élitisme dans les “choix” de Dieu, car tous ces appelés se révèlent égaux par leurs défauts, leurs tricheries, leurs trahisons. Et donc pas de problème pour nous identifier à ces personnages, simples humains, qui ont au moins eu le courage, au moment-clé, de dire “oui” à l’invitation de Dieu.
Mais de grâce, qu’on n’impute pas à notre Père aimant, comme peuvent le faire croire certains passages bibliques, les manipulations qui sont le fait d’hommes et de femmes uniquement préoccupés de leurs intérêts à court terme, jusqu’au jour ou l’un(e) d’eux perçoit en toute clarté où se trouve le chemin ardu qui permettra de baliser le projet d’amour du Dieu de toute l’humanité.

Par Bernard (Bruxelles) 6 juillet 2017 à 21 h 03 Répondre à ce commentaire

Juste retour des choses ! l'imposteur qui a usurpé le titre de son frère par la ruse, encouragé par Rebecca, sa mère et trompe son vieux père presque aveugle,le voilà à son tour pris au piège par plus rusé que lui !
Laban a su tirer profit de l'amour que Jacob portait à Rachel, sa fille cadette. Il lui fait croire qu'il l'obtiendra après 7 années de labeur sans soldes. Le temps révolu, il va enfin pouvoir s'unir à la bien-aimée; il attend que Laban s'acquitte de ce qui était convenu et de recevoir Rachel pour épouse. Désillusion ! C'est Léa qu'il a mis dans sa couche. Que m'as-tu fait là ? Ah, ça fait mal !
Et encore 7 ans gratis pour obtenir enfin Rachel.
Les deux jeunes filles sont pourtant toutes deux attirantes, pourquoi "ce coup de foudre" pour Rachel ? On n'explique pas l'amour; ça vous tombe dessus, comme ça, sans crier gare ! C'est un cadeau.
Pourquoi Jacob a-t-il été choisi par Dieu ? Jacob, toi, moi, nous tous qui ne sommes pas des saints, mais des pécheurs, pourquoi sommes-nous choisis par Dieu ?
A chacun sa réponse !
Bonne soirée à tous ! Union de prières

Marie Jeanne

Par Marie Jeanne 6 juillet 2017 à 18 h 55 Répondre à ce commentaire

Les sentiments ou opinions des 2 filles de Laban ne paraissent pas avoir beaucoup d'importance : elles sont inter changeables aux yeux de leur père. Cela crée un tableau assez choquant (toute puissance paternelle - bigamie - merchandisation de la femme....). Cela a-t-il vraiment changé ? Certains groupes, certaines sociétés ont encore ces pratiques. Les évangiles, les textes des apôtres montrent que Jésus accordait de l'importance à l'être humain (si quelqu'un fait du mal à l'un de ces petits - tu as du prix à mes yeux : pardon pour les citations inexactes...). Dans chaque individu, il y a une trace de l'amour du Créateur. Ouvre mon cœur Seigneur et permets-moi de regarder sans vanité, sans préjugés, les personnes dépositaires de cet amour.

Par mahona 6 juillet 2017 à 18 h 07 Répondre à ce commentaire

Du groupe des 5: Nous avons discuté du texte et des commentaires:
Texte :merci à Sr Véronique: comme toujours, le texte est clair, concis, sans fioritures, donc laissant une grande ouverture à la rencontre avec nos vies.
Commentaires : d'accord avec Becker et Emma: ne nous fermons pas sur la préférence du peuple de Jacob..en effet que sont les autres,que font-ils ?
Comme vous, Emma, nous nous interrogeons sur l'approbation silencieuse des 2 sœurs pour ce mariage en 2 temps...Faut-il courber la tête et se conformer à la volonté divine ? Qu'en est-il de notre propre adhésion qui donne de la valeur à la décision ?
Un mariage-comme tout évènement important ne se décide pas sur un claquement des doigts!

Par biniou 6 juillet 2017 à 16 h 39 Répondre à ce commentaire

Dieu m’a choisie à cause de son amour inconditionnel. Il m’a choisie pour une mission particulière, qu’il me dévoilera doucement (pour ne pas m’effrayer ?) au jour le jour. Peut-être était-ce la meilleure façon de me transformer en un être aimant. Tout au long de ma vie, petit à petit, avec mes oui, mais aussi avec mes reculs, il remplace la part d’égocentrisme de mon être en un cœur toujours davantage tourné vers Lui. Sans comprendre, je sais que ce fois est celui qui me transforme, si je l’accueille avec foi et abandon.

Par Micheline (Canada) 6 juillet 2017 à 11 h 56 Répondre à ce commentaire

Gloire a Dieu Aux plus hauts des Cieux
Seigneur tu es gd
belle méditation
Q D V B A

Par guillermet claire lina maya 26 6 juillet 2017 à 6 h 27 Répondre à ce commentaire

Seigneur, notre Dieu, nous te bènissons et te rendons grâce
parce que tu nous as formés à ton images et a ta ressemblance,homme et femme
tu nous invites a vivre l'un pour l'autre un amour joyeux et vivifiant
Béni sois-tu pour le "oui"que tu nous as inspiré, pour la confiance et le pardon dont tu nous rends capable
pour ta présence qui illumine notre relation dans les bons comme les mauvais jours
Dieu fidèle et généreux aprend -nous chaque jour à nous engager à nouveau a rajeunir notre amour,sois avec nous dans l'heure du doute,quand ce que nous portons en nous de meilleur risque de s'affaiblir
trinité sainte,père et esprit saint,je prie ce soir pour les couples en difficulté pour tout ceux qui ont du mal a se trouver l'un l'autre et à vivre en confiance, a tous les époux, à toutes les familles, accorde seigneur, tes don d'unité, et de fidélité
conduis nous vers une alliance toujours plus vraie et plus profonde,donne nous de toujours croire que l'amour estvplus fort que la mort...petite serviteurs de la miséricorde

Par brig 5 juillet 2017 à 22 h 20 Répondre à ce commentaire

Je répond au beau texte de Paul...
Mon épouse n'est plus.. elle est déjà dans les mains de Dieu, elle a déjà revêtu son habit spirituel, sa transfiguration !... mais chaque jour, dans l'eucharistie, elle me tend la main pour me conduire un jour vers la rencontre éternelle ... comme il nous a été promis...
... n'est-ce pas ce que l'on appelle la "communion des saints " ... c'est ce que je crois....
... ai-je une mauvaise interprétation ?..

Par breizh 5 juillet 2017 à 22 h 17 Répondre à ce commentaire

Cher Breizh,
merci pour votre message plein de lumière et de tendresse.
Je ne sais pas ce qui nous attend.
Mais je crois que devant le Père n'existent réellement
que l'amour, le partage et le pardon.
Voilà le trésor de son Royaume.
Des amis m'ont aidé à entrevoir
que les saints, ceux qui ont répondu à Son invitation
sont tous des pécheurs pardonnés.

Bonne journée, vraiment.

Par Paul (Belgique) 6 juillet 2017 à 7 h 57

Si nous regardons la généalogie de Jésus.... nous constatons qu'il y a beaucoup de personnes qui (comme Jacob ici) sont loin d'être blancs comme neige....
Et pourtant...Je sais que Dieu est Amour et qu'il nous aime bien plus que "2 moineaux à six sous"....
MERCI Seigneur !!!

Par Cl@udio 5 juillet 2017 à 21 h 27 Répondre à ce commentaire

"mixte" au lieu de paradoxe, c'est trop équivoque ! Quant au rapport entre "force des sentiments et ambivalence humaine", ça rend fade la possibilité d'un paradoxe ici !
Excellentes allusions par ailleurs : elles détournent l'attention de l'auditeur, comme du lecteur, jusqu'à ce qu'on découvre la vérité : du fade, Dieu sait faire le meilleur.

Par CAILLIAU 5 juillet 2017 à 20 h 14 Répondre à ce commentaire

Beaucoup de participants auront pensé à cette phrase tirée d'Esaïe : "Car mes pensées ne sont pas vos pensées. Et vos voies ne sont pas mes voies" dit l'Eternel. D'un côté, le genre humain pétri de qualités et de défauts ; de l'autre l'Eternel. La Bible relate des histoires humaines ; l'amour humain ne s'explique pas. Pourquoi faudrait-il expliquer l'amour divin ?

Par mahona 5 juillet 2017 à 14 h 16 Répondre à ce commentaire

Le commentaire de Becquer m'interpelle,,,,,,,,,,,

Par GARCIA Marie Cosuelo 5 juillet 2017 à 12 h 54 Répondre à ce commentaire

Quel espoir, quel réconfort pour nous tous!... Dieu nous aime gratuitement, tels que nous sommes, avec nos imperfections, nos défauts, nos comportements indignes.... mais aussi avec nos qualités, notre volonté à bien faire malgré tout...
Je t'en rends grâce, ô mon Dieu! "Je ne suis pas digne de recevoir, mais dis seulement une parole, et je serai guérie"

Par Mamoune 5 juillet 2017 à 11 h 36 Répondre à ce commentaire

le commentaire de Becker est choquant ,Dieu est amour et n'a pas de préférence envers l'un où l'autre; comment peut-on penser qu'il aime certains d'entre nous et pas d'autre; qu'il est une faiblesse pour certains, comme parfois les parents envers certains de leurs enfants, mais il ne faut confondre cela à l'amour total que chacun d'entre nous reçois.

Par penelope 5 juillet 2017 à 11 h 34 Répondre à ce commentaire

Je reprends les paroles d'Audrey : A la fulgurance di premier regard, succède le lent travail de la connaissance, avec le Christ ( Dieu me semble si lointain, si vague), donc avec le Christ, ce n'est pas plus simple qu'avec les êtres humains, mais Lui, m'a inscrit dans la paume de ses mains, malgré les reculs, les craintes et les hontes, les révoltes et les oublis. Comme disait Madeleine GUILBARD le jour de sa Confirmation, " s'Il attend que je sois fidèle, il peut attendre longtemps, mais c'est Lui qui est fidèle". Et avec les êtres, c'est également la fulgurance du premier regard, puis la lente connaissance avec ses joies et sa gratitude, ses déconvenues, ses humiliations, ses trahisons parfois. Lequel des deux restera fidèle ? Sur une vieille assiette flamande, une inscription : " Celui qui aime le plus, est toujours vaincu "( Maxence van der MEERSCH) N'était-ce pas le cas du Christ sur la Croix ? Et même lorsqu'Il doit demander à trois fois : "Pierre m'aimes-tu ? " Humble demande de Celui qui est déjà ressuscité. Et qui accepte la réponse, celle d'un gamin presque : "Tu le sais bien (pourquoi faut-il que je le redise ?" Et pour en revenir au texte : Fallait-il que RACHEL aime, pour attendre quatorze ans ? Un peu en désordre, mais c'est ce qui me passe par la tête. Bonne et belle journée ensoleillée à tous et toutes, Gaby

Par Gaby 5 juillet 2017 à 10 h 03 Répondre à ce commentaire

Dieu aime Jacob, non parce qu'il est meilleur que les autres, mais parce que Dieu aime qui il veut. Les commentaires insistent généralement sur cette chose admirable qu'est la liberté de Dieu. Mais quid des hommes ou des peuples qui ne sont pas choisis ? Est-ce que l'élection d'un peuple n'est pas exclusion des autres ? Je sais bien que nous disons: l' Eglise a succédé au peuple choisi et est devenue universelle. Mais pendant tout le temps qui a précédé l'Eglise, quel regard jette Dieu sur les peuples autres qu'Israël ?
Je trouve que les méditations proposées devraient un peu s'intéresser à ces aspects mystérieux de l'action de Dieu.

Par becker 5 juillet 2017 à 9 h 40 Répondre à ce commentaire

Je trouve que la question posée par Becker mérite attention.
Pouvez-vous nous donner quelques commentaires à ce sujet ?
Merci et bonne journée à tous.

Par Nicole .M. 5 juillet 2017 à 10 h 17

Cette fameuse phrase du Christ : "Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus" ne signifie pas : "beaucoup se sentent appelés à exercer de hautes fonctions , mais les places sont chères !" A mon avis, ce n'est pas le sens réel. Ce n'est pas la liberté de Dieu qui est en cause (il n'a pas de chouchou), ms c'est notre liberté à nous de choisir ou non de servir: "Toute vie est vocation, tout homme est un cadeau de Dieu pour le monde" (lu sur le fronton d'une église). Seulement, tout le monde ne répond pas présent (cf la parabole des invités au festin). Chacun est aimé gratuitement, et en fait, je crois que Dieu ne se soucie pas de ce que nous soyons plus ceci ou moins cela, car cela ne dépend pas de nous.. Ms il se soucie de ce que nous faisons de nous-m^me et avec les autres, afin d'honorer la vie reçue. On reconnaît l'arbre à ses fruits...
Par ex., Jacob est bien le digne neveu de son retors d'oncle. Cette histoire d'arroseurs arrosés montre l'humour de Dieu. C'est aussi une leçon de vie : Jacob, encore jeune et très amoureux, s'est fait piéger, ms la suite montrera qu'il sait se défendre ("A malin, malin et demi"). Dieu doit rire de nos manoeuvres humaines.
Les 12 tribus d'Israël seraient issues des 12 fils de Jacob, autant que je me rappelle. A l'origine, il n'y avait que des femmes stériles, donc la promesse de Dieu était difficile à croire. Et finalement, la descendance de Jacob (qui représente l'humanité) sera aussi nombreuse que les étoiles. Dieu nous confie la terre.

Par Antoinette G 5 juillet 2017 à 12 h 21

Ce passage dans Mat , 15, 27 ; me suggère bien des réponses :
Oui mais les petits chiens sous la table mangent les miettes .

Par fred 5 juillet 2017 à 18 h 52

Chers amis,

Quelle histoire compliquée !
Et si vieille, si éloignée dans le temps !

Pourtant, aujourd’hui, elle m'a semblé très contemporaine.

Si Jacob, comme je l’ai dit, c'est mon frère
(un peu moi en quelque sorte),
Rachel et Léa, toutes les deux,
… c'est toi, mon épouse, ma chère épouse
avec qui je vis depuis 46 ans.

Tu es Rachel, lorsque dans un moment paisible
en te regardant, je me souviens de notre rencontre.
Ces jours lumineux me reviennent
lorsque je vois le chemin que nous avons fait ensemble.
Ils m'accompagnent encore aujourd’hui de leur tendresse.

Tu es Léa, quand tes petites manies m'énervent
et que j'ai l'impression, certains matins,
que tu n'es plus celle dont j'ai rêvé.
« Mais qu'est-ce que j'ai fait pour épouser une femme comme ça ? ».
Comme Jacob, je m'éveille dans la désillusion.
Ces jours-là, je suis tenté de me perdre
dans l’activisme ou dans des rêveries stériles.
Et nos journées sont lourdes.

Ma chère épouse, tu n’es ni Léa, ni Rachel.
Ces deux-là sont mon rêve et ma désillusion.

Tu es la vie.

Heureusement, le Fils est là pour me pardonner,
et parfois pour me donner le courage
de te demander pardon.

Le Fils est la Vie au milieu de nous.

Je vous souhaite une bonne journée à tous, vraiment.

Par Paul (Belgique) 5 juillet 2017 à 9 h 40 Répondre à ce commentaire

Très belle réflexion, cher Paul, merci pour votre beau témoignage: c'est vrai qu'un couple uni de longue date est soumis à cette ambivalence, il faut nous adapter aux changements de chacun, ainsi nous évoluons ensemble, en nous renouvelant avec l'aide du Seigneur.
Rendons grâce pour ce beau parcours.

Union de prières en pensant à tous les couples

Par MARIE 5 juillet 2017 à 11 h 30

Merci Paul pour cette compréhension éminemment symbolique de la place de ses deux femmes
Vous redonnez par cette analyse du texte une place de sujet à la femme (et pas seulement celle d'un objet, monnaie d'un échange)
Ce faisant vous n'oubliez pas de souligner l'ambivalence humaine dans nos amours et relations à l'autre
Très belle journée à vous

Par Marie-Hélène 6 juillet 2017 à 11 h 06

Merci, Marie-Hélène !

En plus de cette compréhension symbolique, comme vous le dites,
j'ai été heureux laisser ma plume (mon clavier)
signaler ma joie de la Présence discrète et vivifiante du Christ
jusque dans le quotidien de notre vie de couple.
Mais,... j'y pense ...
Son premier miracle, ... c'était à Cana ! :-)

A nos santés, donc, à tous, bonne journée !

Par Paul (Belgique) 6 juillet 2017 à 11 h 29

Dieu ne fait pas forcément alliance avec des modèles de vertus, et la seule question qu'il pose à chaque homme est celle de l'amour dont il est capable. L'amour ne s'achète pas, pourtant on dit bien : "gagner l'amour de quelqu'un". La grâce est donnée gratuitement par Dieu, c'est même sa définition. Pour l'affection, c'est autre chose. Léa a effectivement rempli son devoir d'épouse, puisqu'elle donné des fils à son mari. Seulement, elle n'a pas été choisie, mais imposée par fraude. Dieu doit se débrouiller avec ça. Les vicissitudes humaines n'empêchent pas la fécondité. "Là où le péché abonde, la grâce surabonde" (St Paul). L'essentiel est d'être dans la vie.

Par Antoinette G 5 juillet 2017 à 9 h 31 Répondre à ce commentaire

Merci Sr Véronique de nous rappeler l'ambivalence de nos vies, de nos comportements, de nos choix. Heureusement la Parole est là, comme un petit clignotant, qui s'allume de temps en temps, pour nous aider à voir en face nos manques et à nous réformer, à continuer dans la joie et la confiance. Les Dominicains et Dominicaines savent très bien annoncer cette Parole, avec clarté et précision, soit au cours des prédications, soit au cours de rencontres dans la vie quotidienne. Merci à l'Ordre Prêcheur.

Par Gigi 5 juillet 2017 à 9 h 31 Répondre à ce commentaire

Nous sommes filles et fils de toutes ces fourberies . L'humanité est construite de cette matiere la!!!
notre monde actuel dégouline de tout ça
est-t-il possible qu'un grand manipulateur dirige ce monde?
L'Amour est la mais est manipulé aussi ,les hommes comme les bétes; engendre ,engendre
Et les Femmes des( Sorcieres )
amen

Par jnc 5 juillet 2017 à 8 h 55 Répondre à ce commentaire

Ouah!!! Ça donne "vachement" confiance et espérance dans la vie!!!

Et les Femmes des Sorcières...

Ouai! Mais des sorcières bien-aimées... mais encore faut-il savoir faire bouger son nez pour sentir les bonnes odeurs... se laisser porter, (emporter très loin dans les splendeurs des cieux...) par l'arôme, quel qu'il soit...

Par & 5 juillet 2017 à 9 h 28

Comme à chaque découverte, je lis après le commentaire de Sœur Véronique! il est fort possible que je comprenne alors différemment!
Ce passage nous parle de préférence, sentiment bien humain! Jacob préfère l'une plus que l'autre!
cependant "l'affaire" se corse car , dans la "norme" il faut épouser l'aînée! et nous voilà devant 2 mariages! et les sentiments des deux sœurs? où en est-il question? nulle mention de ce qu'elles ressentent, elles! il n'est question que ce que désire Jacob et les arrangements entre hommes! ce qui peut faire dire "cela vient de loin" cette histoire de patriarcat! Dieu Merci! nous croyons en un Dieu, encourageant le discernement , l'écoute du cœur ...ce qui n'est pas visible dans ce texte, qui parle d'un tout autre regard de l'amour...

Par Emma 5 juillet 2017 à 8 h 44 Répondre à ce commentaire

L'amour dans les épreuves !
Quelle vocation peut donner de l'endurance si non que La Foi .
L'amour s'incline , je pense au Pape François , comptant sur nos prières , c'est pardonnez l'expression : un service invisible
Qui pense , os de mes os , chair de ma chair .La Confiance .
L 'amour ne s'achète pas , il se donne et se reçoit gratuitement , le prix de toute une existence , ce sont les fruits .
Par exemple si je vais à l'adoration , c'est par amour , pas par devoir . Le Précieux sang de Jésus , j'y pense aux travers
de ce pèlerinage que sont nos vie , en fondant des sacrements , tout autour de la croix , je peux tout a celui qui me rends
fort ! C'est l' étreinte de l'amour suprême , vers l'amour parfait , Ton Dieu sera Mon Dieu , c'est aux travers de cet "ouvrage "
que l'on se donne vraiment .Même dans l'exil , Dieu fait sa demeure , dans les épreuves , la persévérance.

Par fred 5 juillet 2017 à 7 h 53 Répondre à ce commentaire

J'aime ce texte complémentaire à hier. Ne regardons pas en arrière: Notre vie n'est pas toujours droite. Sommes nous en demande de pardon? Lui, le Christ est miséricorde pour des hommes qui ne sont pas meilleurs que d'autres.

Par LOEUILLE Didier 5 juillet 2017 à 7 h 42 Répondre à ce commentaire

MALHEUREUSEMENT ON N'ENTEND PRESQUE PAS SOEUR VERONIQUE MAGRON.

Par MADDALENA 5 juillet 2017 à 7 h 26 Répondre à ce commentaire

j aime bien ce texte mais par pitié parlez plus fort c est a peine audible bonne journée merci

Par grandaud 5 juillet 2017 à 7 h 13 Répondre à ce commentaire

L'amour n'a pas de prix. Pourtant c'est bien de "salaire" que parle Laban au verset précédent ce passage. A Jacob d'indiquer quel il sera, mais c'est Laban qui, en l'acceptant, monnaye ainsi sa fille. Une femme n'est pas un salaire. Elle n'est pas un dû. Elle est un don. Peut-être que cela, Jacob devait l'apprendre.
A la logique comptable, parcimonieuse de Laban, s'oppose l'amour de Jacob qui ne compte pas, "sept ans qui lui semblèrent quelques jours, tellement il l'aimait". Sur l'amour, le temps même n'a pas de prise. Dieu donne, et donne encore. Pas de limites au don, pas de marchandage, mais bien cette gratuité que vous évoquez Sr Véronique. Peut-être Jacob, entre les mains retorses de Laban, apprend-il aussi quelque chose de l'amour de Dieu? Qu'es-tu prêt à faire par amour, Jacob? Y a-t-il une limite à ce que tu peux donner?
Laban ne voit que son intérêt, mais que dire de Léa qui trahit sa sœur autant que Jacob en acquiesçant aux manœuvres de Laban? "[M]aintenant mon mari m'aimera", "Yahvé a entendu que je n'étais pas aimée", "mon mari s'attachera à moi, car je lui ai donné trois fils" (v.32-34). Triste et lancinant refrain qui marque la naissance de ses trois premiers enfants. Ce désamour Léa l'utilise, il devient levier, moyen de pression. Mais l'amour ne s'achète pas, ne s'acquiert ni par fraude, ni par manipulation. Il se donne, et se reçoit, gratuitement. Comme Dieu, l'amour est, simplement.
Merci Sr Véronique! Prières pour tous et avec tous en ce beau matin.

Par Audrey 5 juillet 2017 à 6 h 58 Répondre à ce commentaire

La fuite de jacob :vendredi :jacob fut marqué par la foi de son père issac,
ce que nous vivons se stransmet à nos enfants, au delà de nos paroles, ou delà de nos bonnes volontés, il y a l'acte d'amour,
Pourquoi m'as tu trompé! On ne peut tromper sans s'attendre à être trompé à notre tour,
Ce que l'on fait à notre prochain, c'est a sois - même qu'on le fait, tout est intimement liée,
"On ne peut toucher une fleur sans ébranler une étoile "
Seigneur donne moi toute la confiance et l'espérance dans mon coeur, pour endurer les difficultés et même les injustices, tout en obéissant au commandement de l'éternel, tu me laisse la liberté de pouvoir faire le chemin a l'envers pour retourné vers le père, " Seigneur car je ses que tu seras là avec moi" petite serviteurs de la miséricorde

Par brig 17 juin 2016 à 16 h 27 Répondre à ce commentaire

L'attitude absolutiste de Laban qui impose son point de vue sans tenir compte des autres ne peut qu'engendrer un sentiment d'injustice et mener à l'échec. UDP

Par MARIE 17 juin 2016 à 12 h 09 Répondre à ce commentaire

Tes voies ne sont pas les nôtre Seigneur ! .Cette situation me laisse dans la nuit, entre les trahisons, les subterfuges, les tromperies ; tout cela n’est pas Toi, car même l’amour est écrasé dans ce passage de la Bible ! Je voudrais y voir de l’eau pour laver tout cela, pas même celle du puits, mais celle de ton Fils Jésus, celle qui est mêlée au sang, celle qui sort du côté de ton Fils Jésus.
Merci Sœur Marie, certainement il y a un fil conducteur ; oui, les images, peut-être deviendront-elles une lueur dans ma nuit ............ Merci à Dieu pour vous avoir placée au milieu de nous

Par Marie-Madeleine 16 juin 2016 à 18 h 26 Répondre à ce commentaire

A votre suite Antoinette, et Audrey, une simple phrase de mère Térésa, elle qui a passé toute sa vie a aimé, le plus petit, et a ces yeux le plus beau "l'humilité dans le plus pauvre "
Souvent, il suffit d'une parole, d'un regard, d'un geste,pour que le bonheur comble le coeur de celui que nous aimons "
fraternellement

Par brig 16 juin 2016 à 15 h 32 Répondre à ce commentaire

Je n'arrive plus a vous joindre brig

Par brig 17 juin 2016 à 21 h 04

En lisant ce passage nous éprouvons un sentiment d'injustice: Jacob a proposé de servir sept ans pour Rachel, il est trompé car Laban fait passer Léa pour cette dernière.
On peut s'interroger sur la réaction de Léa; certes, en vertu du droit d'aînesse elle doit se marier avant sa sœur, mais rien ne dit qu'elle ait été consultée à ce sujet, de plus elle restera la moins aimée.
Quand à Rachel et à Jacob, eux aussi semblent subir; certes Jacob demande des explications, mais il obtempère immédiatement.
Le père est présenté comme un être tout puissant dépourvu de sentiments, ne tenant pas compte des désirs des autres protagonistes.
Ce passage suscite donc de nombreuses questions et sans doute aussi différentes interprétations possibles. UDP pour mieux le comprendre.

Par MARIE 16 juin 2016 à 14 h 47 Répondre à ce commentaire

On peut dire que Laban a trompé Jacob, pourtant ce dernier ne se révolte pas et accepte avec une patience qui peut nous surprendre d'attendre le délai imposé pour s'unir à Rachel.
Si nous nous plaçons du point de vue de Léa nous pouvons parler d'injustice: prise à l'insu de Jacob puis moins aimée que Rachel alors qu'elle a une attitude passive, elle exécute ce que veut son père, même si elle bénéficie du droit d'aînesse elle pourrait mériter plus d'égards.
Le père est celui qui commande, sans tenir compte des sentiments ou de la personnalité, il donne pour raison de son subterfuge le droit coutumier.
Rachel, comme Jacob semble subir. De nombreux points d'interrogation sur l'interprétation de ce passage nous imposent la plus grande prudence. Chacun des protagonistes mérite réflexion. UDP pour trouver des réponses

Par MARIE 16 juin 2016 à 14 h 21 Répondre à ce commentaire

Léa a les "yeux délicats", mais la vision de Jacob est basse. Faut-il que l'amour rende aveugle pour qu'il ne reconnaisse pas la femme amenée à ses bras? Curieux parallèle avec le subterfuge dont lui-même usa envers Isaac. Plongés dans la nuit, tous deux, et ne voyant pas que celui, celle, à sa main n'est pas le frère, la sœur, qu'il croit. Lui qui un jour usurpa le droit d'aînesse de son frère, c'est en vertu de ce même droit que Laban lui impose Léa. Seulement là où le subterfuge menait à la séparation des frères, il mène ici au rapprochement des sœurs, en statut, tout du moins. Jacob préférait Rachel, le déséquilibre est là.

Celle qu'au puits Jacob avait aimée au premier regard, il lui faut maintenant apprendre à voir. A la fulgurance de l'évidence succède le lent travail de la connaissance. N'y a-t-il pas là aussi un parallèle avec ce que Jacob vit avec Dieu? A la fulgurance de la première rencontre en rêve, à l'évidence, succède le lent travail d'apprendre à marcher avec Dieu, jusqu'à la bénédiction arrachée de haute lutte. La lutte, c'est aussi celle de Rachel pour donner la vie. Cette vie, c'est de Dieu qu'elle viendra.

N'est-ce pas aussi le chemin de notre propre recherche de Dieu? La fulgurance de l'évidence, le tâtonnement dans la nuit, l'épreuve, la lutte parfois, et le cri pour la vie?
Là aussi, comme ses pères, Jacob nous ouvre la voie. L'amour nourrit sa marche, lui qui aimait tant que les années semblaient des jours.
Notre pain de route vers le Seigneur est l'amour, donné sans compter, donné, toujours.

Par Audrey 16 juin 2016 à 6 h 31 Répondre à ce commentaire

Merci Audrey pour la finesse de votre propos, sur un récit qui interroge, suscite maintes interprétations possibles... Belle journée à vous :-)

Par Nad 5 juillet 2017 à 12 h 34

Les hommes pouvaient donc en ce temps là être polygames, et les femmes étaient chères : 7 ans de travail, ce n'est pas rien.
Par ailleurs, Jacob a rencontré son maître en matière de ruse, puisque son oncle et beau père a trouvé le moyen , non seulement de caser en même temps ses deux filles, même la moins jolie, mais aussi de s'assurer un employé gratuit pendant le double du temps prévu.
Mis devant le fait accompli, Jacob s'incline. L'amour fait supporter beaucoup de choses, mais il ne connait pas de lois : Jacob ne peut pas changer ses sentiments sur commande. Je ne me rappelle plus précisément la suite de l'histoire, mais on peut prévoir des ennuis résultant forcément de cette situation bancale.
Abraham n'a eu qu'un fils, Isaac deux légitimes , Jacob en aura 12, et les jalousies croîtront en proportion...Le jeune Joseph aura pour mission de racheter ces fautes . Son pardon brisera l'enchaînement tragique.

Par Antoinette 16 juin 2016 à 1 h 24 Répondre à ce commentaire
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