Moïse

« Dieu vit qu’il avait fait un détour. » Exode 3,3

La fuite de Moïse

Exode 2, 10-22

Or vint le jour où Moïse, qui avait grandi, se rendit auprès de ses frères et les vit accablés de corvées. Il vit un Égyptien qui frappait un Hébreu, l’un de ses frères. Regardant autour de lui et ne voyant personne, il frappa à mort l’Égyptien et l’enfouit dans le sable.
Le lendemain, Moïse sortit : voici que deux Hébreux se battaient. Il dit à l’agresseur : « Pourquoi frappes-tu ton compagnon ? »
L’homme lui répliqua : « Qui t’a institué chef et juge sur nous ? Veux-tu me tuer comme tu as tué l’Égyptien ? » Moïse eut peur et se dit : « Pas de doute, la chose est connue. »
Pharaon en fut informé et chercha à faire tuer Moïse. Celui-ci s’enfuit loin de Pharaon et habita au pays de Madiane. Il vint s’asseoir près du puits.
Le prêtre de Madiane avait sept filles. Elles allèrent puiser de l’eau et remplir les auges pour abreuver le troupeau de leur père.
Des bergers survinrent et voulurent les chasser.
Alors Moïse se leva pour leur porter secours et il abreuva leur troupeau.
Elles retournèrent chez Réouël, leur père, qui leur dit : « Pourquoi êtes-vous revenues si tôt, aujourd’hui ? »
Elles répondirent : « Un Égyptien nous a délivrées de la main des bergers, il a même puisé l’eau pour nous et abreuvé le troupeau !
Mais où est-il, demanda Réouël, pourquoi l’avez-vous laissé là-bas ? Appelez-le ! Invitez-le à manger ! »
Et Moïse accepta de s’établir chez cet homme qui lui donna comme épouse sa fille Cippora.
Elle enfanta un fils à qui Moïse donna le nom de Guershom (ce qui signifie : Immigré en ce lieu) car, dit-il, « Je suis devenu un immigré en terre étrangère. »

Méditation

précédente suivante

Rencontre féconde en terre étrangère

Où et quand ai-je appris à marcher ? Je ne m’en souviens pas, bien sûr, mais mes parents s’en souviennent pour moi : mes premiers pas, c’était pour aller vers mon père. Moïse, lui, fuit son père Pharaon pour réapprendre à vivre en paix en allant se cacher au désert. Il fuit aussi ses frères : venu parmi eux pour les aider, il s’est mis dans une situation inextricable.
Pris entre deux feux, Moïse a choisi de fuir ses responsabilités. Il fuit ainsi autant sa famille que son peuple. Moïse est un migrant permanent : lui, fils d’Hébreu, est devenu Égyptien par adoption, et l’histoire se répète lorsque, enfui au désert, il est une fois encore recueilli par un peuple qui n’est pas le sien.
C’est là qu’il va renouer des liens avec ses semblables et se redécouvrir membre d’une humanité blessée, une humanité qu’il a lui-même abîmée par un meurtre. Car c’est aussi de la violence que Moïse s’éloigne en allant au désert : la violence qu’il a semée, et celle qui lui est promise en retour par Pharaon. Son séjour au désert est une quête de paix : d’ailleurs, son premier geste est d’y apporter la paix pour les filles de Réouël, importunées par les bergers.
Et lui-même commence à retrouver la paix en épousant Cippora et en donnant à son fils le nom même de son histoire à lui : un immigré. Moïse refait ainsi l’expérience d’Abraham qui abandonna tout et se mit en route, sur la foi d’une promesse.
Pour avancer, il faut toujours quitter quelque chose. En sachant qu’une promesse nous est faite. Comme pour Moïse, il nous faut parfois de longs détours, des traversées solitaires au désert et des exils douloureux, pour retrouver la paix, se retrouver soi-même, reconnaître son prochain et oser reprendre une aventure commune, qui nous dit que Dieu ne nous abandonne pas en chemin.

Méditation enregistrée dans les studios d'Alsace Média

Réagir

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

(Il reste 1500 caractères)

54 commentaires

Bien chers frères et soeurs qui m'avaient réconfortée par vos paroles si fraternelles, je vous dis un grand merci. A vous Micheline, Sabine, Monette, Bernard, Mahona. Vous l'avez déjà fait quand j'ai commencé à lever le voile sur ce qui m'oppressait, qui me pesait comme un boulet.
Si vous saviez comme cela a été difficile d'exhumer tout ce passé, ces rancoeurs, ces angoisses...ces cadavres; ça ne sent jamais bon; ça fait mal et en même temps, ça libère.
Je pense aussi à Audrey qui m'avait à l'époque réconfortée.
Votre fraternelle amitié est précieuse, elle m'a permis de me libérer, d'évacuer toute cette amertume que je gardai pour moi, n'osant jamais en parler à quiconque.
J'ai renoué avec ma petite mère, ma Clémence comme je l'appelai. Nous nous sommes retrouvées avec bonheur. Elle nous a quittés dans sa 91ème année, dans la paix retrouvée.

Par Marie Jeanne 19 juillet 2017 à 19 h 56 Répondre à ce commentaire

Merci Marie Jeanne, et merci pour la force de ton témoignage! Comment Dieu, à travers des vies bouleversées, marquées, comme la tienne, peut faire naître le beau et le bon, tu en es vraiment un lumineux témoin.
Je te garde en ma prière, ainsi que tous ceux qui souffrent et qui sont en chemin, et je t'embrasse.

Par Audrey 19 juillet 2017 à 21 h 09

Sabine,, merci pour votre clin d'oeil, et belle journée à vous !

Par monette 19 juillet 2017 à 12 h 08 Répondre à ce commentaire

Marie-Jeanne, votre parcours est vraiment tortueux, je ne trouve pas de mots, je veux juste vous dire mon amitié et mon admir

Par monette 19 juillet 2017 à 12 h 03 Répondre à ce commentaire

OUPS, parti trop vite ! toute mon admiration ,chère Marie Jeanne !

Par monette 19 juillet 2017 à 12 h 06

Avec vous Marie Jeanne je rends gloire à Dieu, Notre Père, pour votre vie. De toute éternité, Lui le Père vous a désirée. Et comme vous le dite si bien, il vous a accompagnée tout au long de votre vie et il le fera jusqu'au jour de la grande rencontre.

Je vous souhaite beaucoup de paix et de joie intérieures. En toute amitié

Par Micheline (Canada) 19 juillet 2017 à 2 h 00 Répondre à ce commentaire

On ne se souvient pas où et quand on a appris à marcher, normal ! par contre, il y a bien d'événements dont les enfants se souviennent, surtout ceux qui les ont marqués, qui leur ont fait mal.
Ma vie ressemble un peu à celle de Moïse. Fils d'une mère, élevé par une autre; il a dû avoir du mal à se situer par rapport aux deux femmes.
De même pour moi, bien que les circonstances n'aient
rien de commun.
Moïse, lui a été désiré par sa mère, c'est là toute la différence; tandis que moi, c'était un accident.
Ma mère, toute jeune fille m'a eue avec son beau-père. Je n'y comprenais rien. Il m'a fallu du temps pour savoir qui était qui. Enfant illégitime, j'ai été déclarée de "père inconnu". J'ai donc été scolarisée sous le nom de ma mère.
Cinq ans après moi, ma grand-mère a eu un fils; lui portait le nom de notre père.
Je me sentais vraiment de trop, une étrangère. Ils m'ont aimée, mais moi, j'étais mal dans ma peau. Une grand-mère que j'appelai maman, un frère qui ne portait pas le même nom que moi...
Ma mère a quitté la maison. Elle a épousé un neveu de mon père qui portait le même nom que lui.
Et me voilà l'aînée de 11 frères et soeurs que je ne connaissais pas; avec lesquels je n'avais aucun lien. Je n'ai pas voulu aller vivre chez ma mère. Etrangère dans ma propre famille. A 14 ans, j'ai eu besoin d'une fiche d'état civil, j'avais changé de nom ! Adoptée à mon insu. Honte, colère.
Que de traversées du désert. Mais Dieu était toujours présent dans ma vie. Qu'Il soit béni !

Par Marie Jeanne 19 juillet 2017 à 0 h 36 Répondre à ce commentaire

Quel parcours de vie ! j'admire-vraiment- ce que vous êtes
maintenant- une femme forte portant témoignage de la vie envers et contre toute cette adversité- Je vous souhaite beaucoup de moments soleil.
Sabine

Par sabine 19 juillet 2017 à 0 h 56

Chère Marie Jeanne, grande sœur bien-aimée,
Il t'en aura fallu, du courage, pour accoucher de cette mise en partage de ton histoire la plus intime !
Mais ce qui restait en gestation dans toute cette énorme complexité de ta venue au monde et de ton enfance, c'est la fidèle présence de Dieu, en qui tu as cru contre vents et marées, pour ne conserver en toi, au-delà des souffrances endurées, que l'amour et la bienveillance pour ceux qui croisent ton chemin.
Merci d'avoir maintenu ton cœur ouvert à la détresse d'autrui, prompt à soulager, à encourager, à rire aussi de nos mesquineries par un bon mot de remise en train.
Continue à nous éclairer, c'est ta plus belle mission !

Par Bernard (Bruxelles) 19 juillet 2017 à 10 h 30

Votre témoignage est à la fois bouleversant et réconfortant. Bouleversant car il montre les étapes difficiles, douloureuses que vous avez traversées. Réconfortant par l'espoir qu'il fait naître. Vous semblez avoir atteint des eaux plus calmes. Que cette confiance en Dieu vous habite toujours et vous donne paix, joie, courage. En pensée avec vous.

Par mahona 19 juillet 2017 à 10 h 46

Merci pour votre méditation.
Merci de nous ouvrir cet éclairage sur nos vies et nous montrer nos propres détours .
Le Seigneur est là et nous sommes sourds à sa présence !
Bonne soirée
Amitiés dans le Seigneur
Gen

Par Voisin 18 juillet 2017 à 22 h 00 Répondre à ce commentaire

Oui, il faut pour avancer, quitter quelque chose ou quelqu'un ...
se fier à une promesse de quelqu'un, s'imaginer que là-bas c'est mieux...
Ainsi notre chemin sur la terre est rempli de "stations" d'arrêts, de poses et de départs..
Mais la seule promesse qui compte est celle que Jésus nous a faite .... "Je pars vous préparer une place ... et là où je serai vous serez avec moi !
MERCI Seigneur !!!

Par Cl@udio 18 juillet 2017 à 21 h 53 Répondre à ce commentaire

Amen

Par Nozil Michel 18 juillet 2017 à 20 h 58 Répondre à ce commentaire

« … il nous faut parfois de longs détours, des traversées solitaires au désert et des exils douloureux, pour retrouver la paix, se retrouver soi-même, reconnaître son prochain et oser reprendre une aventure commune, qui nous dit que Dieu ne nous abandonne pas en chemin… »

Merci, frère, pour ce partage qui colle à nos vies.
Je pense à la mienne, en ce moment.
Je pense aussi à vous, Monette, aujourd’hui.

Me remettre en marche, malgré le poids de mes doutes.
Quitter la carapace de mes certitudes
construites sur les peurs de mon passé.

Seigneur Jésus,
le chemin à parcourir est-il si long, vraiment ?
Au scribe qui t’interpellait sur les commandements,
après sa judicieuse remarque, Tu lui as dit :
« «Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu ».

A-t-il alors compris que Tu es toujours Présent
à la porte de notre cœur ?

En prenant le risque de T’ouvrir cette porte,
et de prendre le temps du silence,
pour tout déposer devant Toi,
en T’invitant à T’asseoir à notre table,
celle de nos joies et de nos révoltes,
de nos peurs et de nos peines,
Tu viens nous apporter le levain d’un pain de Paix.

Nous pourrons alors, restaurés,
ressortir de nos maisons
pour marcher avec Toi vers les autres,
là où Tu Te trouves déjà.

Bonne journée à tous, vraiment.

Par Paul (Belgique) 18 juillet 2017 à 8 h 04 Répondre à ce commentaire

Paul, je vous remercie pour votre pensée.
Comme votre commentaire est "parlant". Oui, que de chemins tortueux nous avons, et aurons encore à traverser.
Pour enfin retrouver la paix, le Chemin de la Paix. Il nous faut continuer notre marche, notre pèlerinage ici-bas,
mais se dire que oui, le Seigneur nous accompagne, Dieu de patience et fidèle.
A nous de lui ouvrir la porte de notre coeur, comme vous le dites si bien.
Bonne soirée dans la Paix du Christ.

Par monette 18 juillet 2017 à 16 h 51

Nos petits-enfants n'émerveillent en tout cas pour deux choses (au moins) :

nous avons donné la vie à nos enfants,
et ceux-ci la redonnent ensuite à d'autres.

N'ayant pas bien connu mes deux grands-pères,
je suis émerveillé de voir combien
les grands-parents sont importants pour les petits-enfants.

Je vous souhaite, chère Monette,
ainsi qu'à tous vos proches,
beaucoup de joies, un jour à la fois.

Bonne soirée.

Par Paul (Belgique) 18 juillet 2017 à 18 h 16

Merci, votre témoignage est ancré dans nos vies terrestres

Par Micheline Boutillier 18 juillet 2017 à 20 h 10

Moïse, le meurtrier, fuit l’Égypte pour sauver sa vie. Mais accueilli et accepté comme une personne humaine et AIMÉ, est devenu un être responsable et le libérateur de son peuple.
Cela m’interpelle sur l’accueil que nous faisons des réfugiés actuels. Nos peurs, celle que ce soit des terroristes, des personnes qui vont prendre nos emplois et nos ressources financières. No peurs qu’ils veulent nous imposer leur manière de vivre, qu’ils vont nous déranger dans nos idées préconçues, etc., etc. Bien sur il y a une certaine vigilance à garder, mais de là à vouloir qu’ils fassent leurs preuves avant que nous les aidions à s’intégrer chez nous, il y a toute une différence.
Je n’ai pas de réponse à toutes ces questions, mais si je commence à revoir mes idées préconçues, mes hésitations et qu’à la place je vois toutes ces personnes comme un frère, une sœur, un enfant du Père, mon accueil sera très différent. Cette différence sera perceptible et ces immigrants pourront s’adapter et s’intégrer plus facilement et rapidement.
Étant moi-même issue d’une famille immigrante, mon père et grand’père sont nés aux États-Unis, ma mère, est née dans une colonie de l’Angleterre. Leur attitude envers tous les étrangers, influent probablement sur mon point de vue. Mais il y a pour chacun de nous une grande richesse à ouvrir son cœur et ses bras à chacun de nos frères.
Prions pour que plus personne ne se noie en tentant tout simplement de survivre comme des êtres humains à part entière et, à l’instar de Moïse, ils puissent nous enrichir de leurs talents et de leur expérience.
Seigneur entend nos prières

Par Micheline (Canada) 18 juillet 2017 à 2 h 08 Répondre à ce commentaire

"Pour avancer, il faut toujours quitter quelque chose".
Merci frère Marie-Augustin.

Par AATBA 17 juillet 2017 à 21 h 29 Répondre à ce commentaire

Merci, Frère Marie-Augustin! Votre interprétation de ce texte de l'Exode concernant Moïse me touche beaucoup.
Incroyable cette vie de Moïse qui fuit toujours l'une ou l'autre situation. Ne serais-je pas un peu comme lui face
à des situations difficiles?... Pour Moïse, comme pour Abraham, il faut toujours quitter quelque chose et avancer.
Dieu est fidèle à ses promesses. Gisèle

Par Losier Gisèle 17 juillet 2017 à 18 h 46 Répondre à ce commentaire

Oui, je me sens comme une immigrée en ce monde. Je me perds, happée par les heures et les jours qui défilent à une allure vertigineuse. Occupée par la maladie de mon époux, préoccupée par ma propre santé et ma sortie du monde du travail.
Veiller à ce que mes proches ne manquent de rien et se sentent aimés comme ils doivent l'être.
Je suis grand-mère pour la première fois et je devrais être en grande joie, mais je ne me retrouve plus moi-même.
Je voudrais pouvoir mettre ma vie sur "pause" afin de me recentrer sur moi-même et pouvoir à nouveau dialoguer, coeur à coeur avec Dieu et prendre le temps de "sentir" sa présence, savoir dire non lorsqu'il faut dire non à trop de sollicitations.
Oui, pour moi c'est une traversée du désert.
Et je pense que pour bien d'autres personnes également.
Union de prière avec tous .

Par monette 17 juillet 2017 à 18 h 16 Répondre à ce commentaire

Et merci frère Marie-Augustin, votre méditation m'a bien éclairée et touchée!

Par monette 17 juillet 2017 à 18 h 20

Monette, tu as bien des soucis, qui sont des souffrances; berce ce bébé, il -ou elle- te transmettre sa douceur,
et tu vas en devenir imbibée;
peux tu aller à la mer?
Je ne sais si nous sommes des immigrés; ou bien des réfugiés?Ne te mets des charges trop lourdes sur les épaules.Ils sont aimés tes proches.... tu ne sais pas comment ils "doivent" l'être;tu n'en sais rien, et Dieu est là pr les envelopper du "reste" qui .... manquerait.
Pas sûr que en pause tu peux dialoguer avec le Seigneur; là , c'est tout toi qui es avec LUI;
Monette, assieds toi 3 minutes en laissant pendre tes bras.
vIS, et bois, bois!
Comment va la Maman du nouvel enfant?!
Regarde ce beau ciel bleu, sans louper ta béchamelle, plutôt ta vinaigrette...
Je t'embrasse, Monette. Pense à toi, simplement,et prends en soin. Françoise

Par ronze françoise 17 juillet 2017 à 18 h 45

Françoise, je ne sais si tu verras ces lignes, mais je suis très touchée par tes encouragements.
Certainement, tu as raison, il faut savoir "lâcher prise" et ne pas tout vouloir contrôler!!
Je suis allée voir la mer, mais pas seule, il faut que je me garde du temps pour m'y ressourcer, prendre le temps de voir, entendre, respirer mais seule enfin pas tout à fait, que le Seigneur m'accompagne, car cette splendide nature est bien un cadeau du ciel.
Ma petite-fille, Anaëlle est à croquer, elle se porte bien, et Marie sa maman se remet très rapidement, mon fils Adrien n'est pas peu fier, et s'occupe très bien de sa petite, c'est très touchant.
Prends bien soin de toi aussi, je t''embrasse bien affectueusement.

Par monette 18 juillet 2017 à 17 h 05

Je prie pour que de nombreux moments de PAUSE rafraichissante jalonnent vos journées et vous soutiennent dans votre parcours de vie...Je préfère un petit clin d'œil amicale à toute explication- Bon courage Monette.

Par sabine 19 juillet 2017 à 2 h 06

merci de nous faire relire tous ces passages non pas comme une histoire ou comme l'histoire de nos fondateurs mais comme l'histoire de notre propre vie.
cela éclaire mon chemin

Par alouette 17 juillet 2017 à 16 h 28 Répondre à ce commentaire

"Je suis devenu un immigré en terre étrangère". Je suis perplexe: peut-on devenir un immigré sur sa propre terre?

Par Francois 17 juillet 2017 à 16 h 21 Répondre à ce commentaire

"Je suis devenu un immigré en terre étrangère", alors qu'il a été traité comme un membre de la famille chez le Pharaon, Moïse, obligé de fuir, devient maintenant un étranger auprès de sa vraie famille.

Ce paradoxe nous pouvons nous aussi le ressentir lorsque dans un groupe nous ne nous sentons pas accueillis ou reconnus.

Pourtant, Moïse vient de fonder une famille, il devrait être heureux, mais il porte les stigmates de son exil, et en transmets le souvenir par le nom qu'il donne à son fils.

L'avancée de Moïse de sa naissance au désert, en passant par des rencontres salvatrices, rejoint l'histoire de chacun de nous, j'aime particulièrement votre conclusion que je vais citer pour la méditer, frère Marie-Augustin:
"Comme pour Moïse, il nous faut parfois de longs détours, des traversées solitaires au désert et des exils douloureux pour retrouver la paix, se retrouver soi-même, reconnaître son prochain, et oser reprendre une aventure commune qui dit que Dieu ne nous abandonne pas en chemin."
Merci, Seigneur, nous savons que Tu es PRÉSENT avec chacun de nous, sur nos chemins parfois hésitants. Nous avons confiance en la force de Ton Esprit saint et en TON AMOUR infini, donne à chacun la grâce d'en prendre conscience.

Par MARIE 17 juillet 2017 à 13 h 37 Répondre à ce commentaire

Moïse, ne fuit pas sont père, il fuit ce qu'il croyait être son père. Ce qui n'excuse pas le meurtre, devant l'injustice et la cruauté, même un fils légitime aurait pu réagir de même.
Son rachat, sera de conduire le peuple des hébreux, hors de l'Egypte, et de leur donner une terre légitime.

Nos racines sont en nous. L'extraction de racine peut s'avérer un bien, mais, hélas, aussi un mal, pour l'être qui ne le comprend pas.
Croyons que c'est là, le chemin que Dieu a voulu pour Moïse, ainsi que pour chacun de nous.
Prière de ce jour, et bonne journée.
J'ajoute que j'ai bien apprécié la méditation.

Par Florine 17 juillet 2017 à 12 h 00 Répondre à ce commentaire

mon premier petit enfant marche depuis vendredi dernier ; prions pour que cette nouvelle âme avance bien droit, vers un véritable but, sans tourner en rond, sans prendre des impasses du coeur et de l'esprit.

Par laurentluc 17 juillet 2017 à 11 h 39 Répondre à ce commentaire

Je pense bien a vous Chèrs fred,
On ne prend pas la fuite non,simplement un retour vers les blouse blanche, je vous et laissez un petit message hier,on clic sur la petite flèche a gauche de l'ordi, merci a vous ,je par dans quelques heures, avec c'est quelque mots en tête aujourd'hui
"?Dieu nous abandonne pas en chemin ?union dans la prière avec vous touse?

Par brig 17 juillet 2017 à 11 h 26 Répondre à ce commentaire

Je suis en train ,de reconnaitre les oieux les arbres et j'ai hate de pouvoir vraiment les identifier.J"ai le sentiment ptofond que je suis sortie du desert et que la vie m'appelle a grand cris d'oiseaux
belle journée

Par jnc 17 juillet 2017 à 11 h 25 Répondre à ce commentaire

L'homme a besoin d'intégration qui lui confère une identité. Toutefois, avoir une place dans la société n'est pas suffisant, ça peut même être très limitant. L'éloignement du milieu d'origine permet de se connaître et de s'ouvrir aux différences, autrement dit de se construire. C'est plus facile lorsqu'on est jeune car on est plus souple. C'est pourquoi chaque année, les sociétés d'assistance rapatrient des touristes qui ont pété les plombs dans un pays étranger, car ils n'avaient d'identité que celle donnée par le milieu.
Pour Moïse, il est bien obligé de fuir pour sauver sa peau, car hébreu ayant tué un égyptien, son sort était réglé. Il est à remarqué qu'il savait être hébreu, mais élevé dans une famille égyptienne, il n'avait de légitimité nulle part. D'où son malaise générateur de violence, étant seul et perdu, jusqu'à son intégration dans un pays tiers. Ce détours lui a permis de sortir du dilemme, en effet de trouver la paix. La situation d'émigré a des vertus ! C'est tout ce passé d'attachement et détachement qui lui permettra de devenir le guide des hébreux dans le désert. Notre identité est celle de pèlerins sur terre...

Par Antoinette G 17 juillet 2017 à 11 h 12 Répondre à ce commentaire

PS : savez vous qu'un berceau en osier s'appelle un moïse ?

Par Antoinette G 17 juillet 2017 à 13 h 36

Dans ma réaction à un récent commentaire de mon cher compatriote Paul, comme dans d'autres réflexions, j'ai infligé à mes ami(e)s internautes mes vitupérations à l'égard de passages bibliques pleins de fureur et de mesquineries très humaines, où je cherche en vain la Parole de Dieu.
Je suis heureux de pouvoir discerner, dans l'attitude de Moïse, une prise de conscience marquant un réel dialogue avec ce Dieu de miséricorde qui ne peut inspirer que "la quête de paix et la reconnaissance du prochain", comme l'évoque de manière si talentueuse notre frère Marie-Augustin.
Mais je l'attends au tournant ( ;- ) si on évoque jamais la sortie d'Égypte, où les Écritures dites saintes prêtent au Dieu de tout amour des manœuvres machiavéliques, dans le style abominable de ce mauvais versant de la Bible ("J'endurcirai le cœur de Pharaon") !!

Par Bernard (Bruxelles) 17 juillet 2017 à 11 h 09 Répondre à ce commentaire

Ce texte m'interpelle beaucoup en ce moment ou tant de migrants nous arrive par la montagne et ont besoin de notre regard plein de compréhension et d'amour.

Par lang 17 juillet 2017 à 10 h 43 Répondre à ce commentaire

On ne peut pas toujours partir physiquement, mais on peut partir à la re-découverte de son quartier, de sa ville, de sa paroisse en cette période estivale où certains sont partis, d'autres de passage. Alors, on fait plein de découvertes à commencer par soi-même.
Merci frère Marie-Augustin pour cette méditation.
Bon été à tous.

Par GAUDILLOT 17 juillet 2017 à 10 h 22 Répondre à ce commentaire

"Pour avancer, il faut toujours quitter quelque chose. En sachant qu’une promesse nous est faite." Oui, ce n'est pas facile de quitter notre vie antérieure, de se débarrasser d'une habitude, d'un habitus qu'il soit mauvais ou non. Dieu nous demande de se dépouiller du vieil homme (sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. Romain 6,6). Pour avancer, il nous faut renoncer à nous-même et faire confiance en Dieu. Avancer exige toujours un renoncement de soi dans tous les domaines de notre vie. Se marier, demande un renoncement pour faire un avec sa femme ou son homme, un nouveau emploi, exige un renoncement pour avancer avec son nouvel environnement,... Tout ceci se fait grâce à la confiance que nous avons en Dieu pour nous guider sur ce nouveau chemin qui mène vers la sainteté que notre père Abraham nous aide sur ce chemin de renoncement, d'abandon afin que nous goûtions à la joie de l'abandon. Belle journée à vous frère Marie-Augustin

Par Gilles 17 juillet 2017 à 9 h 15 Répondre à ce commentaire

Pourquoi les commentaires ( excellents d'ailleurs ) sont-ils de 2016 ??

Par DUBOIS 17 juillet 2017 à 8 h 42 Répondre à ce commentaire

Mais " fais-moi connaitre tes chemins" !!!
Définitement ma marche suit la marche proposer par les textes, qui ont quelques pas d'avances...
#stupéfiant

Par Anne-Claire 17 juillet 2017 à 8 h 03 Répondre à ce commentaire

"Regardant autour de lui et ne voyant personne"..."il l'enfouit dans le sable"...L'homme qui agit ainsi n'a pas la conscience tranquille, semble t-il? Quand nous sommes à l'aise avec nos décisions, nous n'avons pas peur du regard d'autrui. Il est souvent question de REGARD dans les textes bibliques. Comment regardons-nous l'autre? comment voyons-nous ou non l'autre? Et lorsque l'autre est le Tout Autre? Cet homme ne "voyant personne"? Est-ce certain qu'il n'y avait personne? En tous les cas, il devait sentir une Présence qui le mettait mal à l'aise avec lui même...Fasse Seigneur que nous regardions en nous la teneur de nos actes afin de nous sentir bien en Ta Présence.
Merci à frère Marie-Augustin pour son attention portée au désert, pour y trouver davantage de paix; comme par exemple, en ce temps d'été, choisir un lieu où passer quelques jours en silence pour regarder ce qui doit être mis à la Lumière de notre Dieu...

Par Emma 17 juillet 2017 à 7 h 34 Répondre à ce commentaire

Oui, il faut parfois partir pour se trouver. Quitter ce pays où nous pensons savoir qui nous sommes, où ceux qui nous entourent pensent nous connaître. Et pourtant...
"[J]e suis un étranger pour mes frères,
un inconnu pour les fils de ma mère," dit le psaume 68.
Un étranger parmi les siens, Moïse. Un inconnu pour ses frères, pour ceux qui l'ont élevé. Et pour lui même? Car il a fui, Moïse. La peur, pour tout bagage.
Rencontre au puits, l'eau qui donne vie, une famille qui lui ouvre les bras. "[I]mmigré en terre étrangère", c'est ainsi qu'alors Moïse se définit. Et ce nom est nom de vie, nom d'une vie nouvelle qui commence comme ce tout-petit que lui donne Cippora. En terre étrangère, Moïse peu à peu se révèle. C'est là que Dieu se révèlera.
La paix est fruit de rencontres en vérité. La terre étrangère y est "terre des vivants" (Ps. 26).

Merci, fr. Augustin! Et très belle journée à tous, dans la paix.

Par Audrey 17 juillet 2017 à 7 h 22 Répondre à ce commentaire

"où et quand ai-je appris à marcher?"
pour avancer il faut toujours quitter quelque chose"
merci aujourd'hui pour ces mots ,M.D.

Par marguerite 17 juillet 2017 à 6 h 12 Répondre à ce commentaire

Ne pas être vu, se croyait Moïse, et bien non. Il est ainsi de nos jours, surtout avec ces micros caméras.
La souffrance demeure toujours, réagir tu es abattu, alors ne rien dire...... Mais le TOUT-PUISSANT est présent et demeure
l'UNIQUE JUGE de chacun, Il ne nous abandonne pas, tout comme pour Moïse qui a erré et a trouvé un refuge, une famille.

Par Colette 9 septembre 2016 à 22 h 55 Répondre à ce commentaire

Waouh! Quel Moise! Mais je suis tombée raide d'amour devant lui ! A sa naissance sa Mère vit qu'il était beau, elle le cacha durant trois mois. Puis la fille de pharaon le recueillit des eaux et en fit son fils adoptif. Ensuite bien plus tard , en pays de Madiane , au bord du puits il sauva des jeunes filles esseulées de la malfaisance des bergers , il donna ensuite de l'eau au bétail.
Magnifique ce jeune Moise! je l'imagine éduqué, élégant le corps élancé, les yeux profonds, le sourire étincelant.... un vrai prince oriental... en plus dans le scénario il nous la joue au bad-boy, la tête enflammée le voilà à vouloir rendre justice , oublie la gratitude vis à vis de ceux qui l'ont sauvé, soigné, éduqué et devient meurtrier, homicide avec préméditation en plus..." regardant autour de lui et ne voyant personne il frappa à mort l'égyptien et l'enfouit dans le sable" Je ne savais pas Moise le magnifique, le patriarche body-buildé tenant les tables de la loi à plein bras étais dans sa jeunesse délinquant , traître, vengeur, criminel! un terroriste quoi ! Heureusement que le GIGN n'étais pas dans le coin! pas de sortie d'Egypte! pas de libération!
OuiL'infini miséricorde de Dieu Merci à tous

Par IDA 10 août 2016 à 0 h 47 Répondre à ce commentaire

Waouh! quel Moise! Mais je suis tombée raide d'amour devant lui!" A sa naissance sa Mère vit qu'il était beau, elle le cacha pendant trois mois. Puis la fille de pharaon le recueillit des eaux et en fit son fils adoptif. En pays de Madiane, au bord du puits il rencontra des jeunes filles esseulées, les sauva des bandits puis donna de l'eau au bétail Waouh! le jeune Moise je l'imagine magnifique....éduqué, élégant, élancé, les muscles fuselés, les yeux profonds, le sourire éblouissant... un vrai prince oriental....en plus il nous la joue bad-boy, la tête enflammée...le voilà à vouloir rendre justice à sa race génétique, oubliant la gratitude à avoir à ceux qui l'ont sauvé, soigné, éduqué....Il devient ainsi Meurtrier homicide avec préméditation en plus..."regardant autour de lui et ne voyant personne il frappe à mort l'égyptien et l'enfouit dans le sable". Vous vous imaginez ! Moise, le patriarche body-buildé, tenant à plein bras les tables de la loi, les cornes de bouc sur la tête! le voilà délinquant, traître, vengeur, criminel, terroriste quoi! Heureusement que le GIGN n'était pas dans le coin sinon pas de sortie d'Egypte! pas de libération! pas de table de la loi! Heureusement en ce temps là il n'y avait pas d'internet, pas de Facebook, pas de programme crypté! Le Seigneur l'a fait longtemps, longtemps croupir au désert, avant et après la sortie d'Egypte
Merci Seigneur! l'infinie miséricorde de Dieu! Merci à tous

Par IDA 10 août 2016 à 0 h 19 Répondre à ce commentaire

Chantal, vous avec tout à fait raison, mon intervention est incohérente. Il s’agit d’une erreur de manipulation et non d’une confusion de personnages. J’ai accroché par mégarde le texte concernant Moïse à une ancienne réflexion sur Joseph. Veuillez s’il vous plait ne considérer que la seconde partie de mon intervention, qui elle, concerne bien Moïse :


Moïse suit le dessein que Dieu a tracé pour lui. Son chemin sera rude, sa mission est grande mais Dieu sera à ses côtés.
Il en est de même pour chacun de nous. Dieu nous connaît dès le sein de notre mère, Il accompagne chacun de nous sur sa route. Nous aussi Il nous guide.
Toi mon Dieu, TOI LE TRES HAUT, ouvre mon cœur à ta Parole, qu’elle pénètre jusqu’au fond de mon être ; c’est Elle qui me conduira tout au long de ma vie, sur les chemins de la mission que tu as choisie pour moi.

Par Marie-Madeleine 28 juin 2016 à 21 h 49 Répondre à ce commentaire

Ce magnifique texte est très intéressant et une source intéressante pour l'actualisation dans le contexte difficile que nous vivons.

Par ktch3000 28 juin 2016 à 21 h 28 Répondre à ce commentaire

Pour Marie Madeleine ; vous faites une confusion entre Joseph et Moïse. Mais il est vrai que leur vie à tous deux n'a pas été un chemin de roses. Ce qui montre que les circonstances ne déterminent pas une vie : pas de fatalisme si l'homme répond à l'appel de Dieu. pas de volontarisme non plus : Moîse est constamment contesté. Mais Dieu s'est fondé sur ses qualités pour le tirer de la mauvaise voie qu'il commençait à prendre, ne sachant pas qui il était ni où était sa place. Il est devenu le guide de son peuple.

Par chantal grisaud 28 juin 2016 à 19 h 40 Répondre à ce commentaire

Préféré de son père, jalousé et trahi par ses frères, vendu comme esclave et déporté vers l’Egypte, sauvé des eaux et haussé jusqu’au pharaon. Devenu meurtrier pour protéger ses frères esclaves, il se sauve du pays d’Egypte .............. Moïse suit le dessein que Dieu a tracé pour lui. Son chemin sera rude, sa mission est grande mais Dieu sera à ses côtés.

Il en est de même pour chacun de nous. Dieu nous connaît dès le sein de notre mère, Il accompagne chacun de nous sur sa route. Nous aussi Il nous guide.

Toi mon Dieu, TOI LE TRES HAUT, ouvre mon cœur à ta Parole, qu’elle pénètre jusqu’au fond de mon être ; c’est Elle qui me conduira tout au long de ma vie, sur les chemins de la mission que tu as choisie pour moi.

Par Marie-Madeleine 28 juin 2016 à 16 h 23 Répondre à ce commentaire

À maintes reprises dans son parcours Moïse a rencontré des personnes bienveillantes qui lui ont permis d'éviter le malheur, et de se sentir accueilli.

Seigneur, Tu nous donnes de nombreux signes de Ta présence sur notre chemin, nous t'en remercions; apprends nous à les reconnaître, et à les partager.
UDP avec chacun.

Par MARIE 28 juin 2016 à 10 h 59 Répondre à ce commentaire

Encore une rencontre près d'un puits , une femme qui apaise et l'eau qui lave et purifie le sang ...

Par Nicole 28 juin 2016 à 9 h 27 Répondre à ce commentaire

C'est vrai, Moïse a bien de quoi avoir un problème d'identité, enfant hébreu supposé être de parents inconnus, mais nourri par sa vraie mère qui doit faire semblant qu'il n'est pas le sien, et élevé parmi des égyptiens, donc à part de sa communauté d'origine. Préfiguration de sa destinée, puisque ayant été choisi par Dieu pour libérer les hébreux de l'esclavage égyptien, il sera à part toute sa vie.Il a été sauvé et sauvera à son tour, mais son peuple va lui en faire voir de toutes les couleurs, au cours des 40 années d'errance dans le désert, et autant que je me rappelle, il mourra au seuil de la terre promise.
Symbole du sens de notre vie ? Notre partie divine guidant (difficilement) notre partie animale vers l'accès à la conscience et à la responsabilité. Ce thème est le sujet du livre de Marie de Hennezel "Une vie pour se mettre au monde", que je trouve tout à fait juste et réconfortant.

Par Antoinette G 28 juin 2016 à 7 h 55 Répondre à ce commentaire

Qui est Moïse? Cette question semble habiter le texte. "Un Egyptien" pour les filles de Réouël, mais ce sont bien les Hébreux que lui nomme ses "frères" - frères qui lui renvoient la question: "Qui t’a institué chef et juge sur nous ?" D'où vient ton autorité? Qui es-tu, Moïse, pour parler ainsi? "Un immigré" finit-il par répondre à la naissance de son fils né en terre étrangère, d'une étrangère.

Voulant aider ses frères de sang, c'est le sang qu'il fait couler. Geste de mort qui conduit à la peur, à l'exil, rejeté par les Hébreux, poursuivi par les Egyptiens, plus chez lui nulle part. Mais à son geste de mort répond un geste de vie quand, arrivant en Madiane, il s'assied au puits. Là aussi, il veut défendre, mais au sang qui coule répond alors l'eau puisée. La rencontre qui avait tourné court avec ses frères peut avoir lieu au puits. Rencontre avec une famille étrangère qui l'accueille à bras ouverts. Rencontre avec une femme, Cippora. Au sang versé répond encore le sang mêlé en son enfant. Lui qui avait donné la mort apprend à donner la vie.

Bientôt Moïse rencontrera Dieu, en menant les troupeaux de son beau-père, mais la rencontre n'est-elle pas amorcée depuis bien longtemps? Lui l'enfant sauvé des eaux qui, déjà, fait jaillir l'eau qui sauve. Lui qui ne sait pas qui il est - "Qui suis-je pour aller trouver Pharaon"? demandera-t-il à Dieu - et qui voudra connaître le nom de Dieu. C'est avec Dieu, en Dieu, qu'il va construire sa véritable identité. De lui qu'il tiendra son autorité. Avec lui qu'il apprendra à marcher, à guider, à sauver. Moïse tâtonne encore, mais en route vers Dieu, avec Dieu, il y est déjà.

Par Audrey 28 juin 2016 à 6 h 27 Répondre à ce commentaire
voir tous les commentaires